Les mathématiques de l'ère islamique
Préambule
Au cours d'une conférence donnée
à Lausanne, Roger Garaudy, communiste notoire devenu musulman,
affirmait que les mathématiques des savants de l'Islam
surpassaient de beaucoup toutes celles de l'Antiquité et du
Moyen-Age, les mathématiques grecques en particulier. Or le
texte du présent ouvrage, alors déjà
élaboré dans l'essentiel, montre qu'une telle assertion
doit être rectifiée. Le survol de l'histoire des
mathématiques présenté dans MO
(pp.4&endash;11) considère les savants islamiques comme des
"disciples attentifs et inventifs des mathématiciens grecs", ne
surpassant guère un Eudoxe, un Théétète, un
Euclide, un Archimède, un Apollonius ou un Diophante ; le
lecteur de ces pages en sera convaicu je l'espère.
Cela dit, les considérations
générales de MO (pp.1&endash;11) restent valables ici
et ne seront en principe pas répétées. Le plan
adopté est le suivant, pour les grandes articulations :
Le contexte politique et culturel.
Présentation des mathématiciens
islamiques.
Développement des diverses branches :
• Arithmétique, propagation du système
décimal, .
• L'algèbre,
• La géométrie et les quadratures,
• La trigonométrie.
Chapitre 1
Le contexte politique, culturel et scientifique
1.1 La situation au VIe et au début du VIIe
siècles
Sous Justinien (527-565), l'empire byzantin comprend
: l'Espagne méridionale, l'Italie, les Balkans, l'Asie Mineure,
la Palestine, l'Égypte, la Lybie et la Tunisie. L'Espagne est
sous la domination wisigothe, et la Gaule sous celle des Francs (Clovis
est mort en 511). L'Iran est soumis à la dynastie Sassanide.
L'Arabie est une région désertique
peuplée de tribus idolâtres, mais en marche vers le
monothéisme. La structure familiale, très forte, se
prolonge en clans et en tribus, souvent en guerre les unes contre les
autres. La langue arabe, proche de l'hébreu, est remarquable par
ses inflexions complexes, son riche vocabulaire, ses aptitudes à
exprimer la poésie. La Mecque était un centre religieux
où l'on venait adorer des idoles (la Kaaba), dont l'une
s'appelait Allah.
Au plan scientifique, la mathématique grecque
vient d'achever une trajectoire jalonnée par Thalès,
Pythagore, Théodore de Cyrène, Platon, Eudoxe, Euclide,
Archimède, Apollonius, Diophante, Pappus ; en 529, Justinien a
fermé l'Académie d'Athènes. De nombreux documents
reposent dans des bibliothèques, éparses sur les
territoires de l'empire hellénistique : Grèce, Asie
Mineure, Syrie, Egypte notamment.
Les Grecs ont atteint la maîtrise de l'espace
par l'articulation raisonnée des éléments
fondamentaux : point, droite, plan. Par l'étude approfondie des
rapports de grandeurs de même nature, segments, surfaces,
volumes, ils maîtrisent le nombre réel positif, rationnel
ou irrationnel. Ils obtiennent le concept de limite, effectuent des
quadratures, et élaborent des théories que les
contributions modernes dépassent en ampleur certes, mais pas en
essence. Ils ne connaissent pas les nombres négatifs,
n'accordent pas à l'algèbre un statut indépendant
de l'espace, et leur système de numération n'est
guère commode.
La mathématique hindoue a commencé son
développement par la mise au point de la numération
décimale et des règles de calcul dans l'ensemble Q des
nombres rationnels positifs et négatifs. Aryabhata l'ancien,
Varahamihira, Bhaskara I et Brahmagupta se sont fait connaître.
La mathématique chinoise a déjà
atteint sa stature et se développe. Ses méthodes
d'analyse numérique en résolution de système
linéaires et d'équations de degrés quelconques
sont acquises. Les règles du calcul additif dans Q sont au
point. La numération décimale est largement
pratiquée. La mathématique babylonienne, elle, repose
dans les tablettes gravées, notamment sous forme de tables
numériques variées, à base sexagésimale
(cf. MO pp. 4-11, Tropfke pp. 7-112).
1.2 Mahomet et l'empire
Selon la version couramment admise (d'autres
présentations existent), Mahomet naît en 570 dans une
tribu Koraïshite. Après une jeunesse inculte, il
épouse à 25 ans la riche veuve Kadidja qui a 46 ans.
C'est un homme très digne, de constitution délicate, qui
admire Juifs et Chrétiens, assez pieux. Il se retire dans la
solitude pour prier et jeûner. En l'an 610, l'ange Gabriel lui
apparaît et il commence à recevoir le Coran, par
révélations successives. Kahidja l'encourage ; il
convertit ses proches, prêche à la Kaaba. En 622, il fuit
à Médine (l'hégire), devient chef des croyants,
rançonne les caravanes mecquoises en route vers la Syrie, entre
en guerre contre la Mecque, triomphe en 630, et unifie les tribus
arabes, par la religion d'abord, et par la perspective de
conquêtes ensuite. Il a soulevé son peuple par une
religion simple, claire et forte, avec une morale de courage implacable
et d'orgueil racial.
Le Coran, codifié en 663, comporte 114
sourates rangées par longueurs décroissantes, ce qui
inverse globalement l'ordre chronologique. Il est écrit dans
l'arabe le plus pur, et est plein d'images éclatantes. Il promet
le paradis aux croyants, avec des délices aussi bien charnelles
que spirituelles. Ce livre exerça une influence sociale
extraordinaire, digne d'admiration.
Les retombées culturelles et scientifiques de
l'action de Mahomet et de celle du Coran rendaient nécessaire
cette présentation.
Dès le début de son action politique
à base religieuse, Mahomet visait, non seulement l'unification
de l'Arabie, mais une expansion de grande envergure : Syrie, Palestine,
Perse, au moins. A sa mort en 632, Abu Bekr (573-634), directeur des
prières à la Mecque fut choisi comme premier calife de
l'Islam. Omar (582-644) lui succéda. En 640, toute la Syrie
était aux mains des musulmans ; en 641, la Perse et l'Egypte
étaient conquises. La dynastie Omeyade règne de 660
à 750 à Damas ; en 711 les musulmans entrent en Espagne ;
en 732, ils sont battus à Poitiers par Charles Martel.
La dynastie abasside (750-1058) commence son
règne alors que l'Islam s'étend de l'Indus à
l'Atlantique, et comprend : le Sindh (nord-ouest de l'Inde), le
Turkestan, la Perse, la Mésopotamie, l'Arménie, la Syrie,
la Palestine, Chypre, la Crète, l'Egypte, l'Afrique du Nord.
L'Espagne aussi est musulmane, mais rejette l'autorité du calife
dès 756.
Al Saffah, premier abasside, mourut en 754. Il eut
pour successeur Al Mansur, qui transféra la capitale à
Bagdad. On vit ensuite al-Rahdi, Haroun al Rashid (mort en 809), qui
réunit autour de lui à Bagdad une assemblée
incomparable de poètes, de juristes, de médecins, de
grammairiens, de musiciens, etc. Son règne éleva la
civilisation à un très haut niveau. Il créa
notamment une importante bibliothèque.
Sous Al Mamoun, calife de 813 à 833, le
mécénat royal devint plus efficace ; ce monarque fit
rassembler les ouvrages des maîtres grecs et paya un corps de
traducteurs pour les publier en arabe. Il fonda une académie des
sciences à Bagdad, et des observatoires.
Le califat passa en 1058 aux Turcs seljouks, qui
absorbèrent rapidement cette civilisation supérieure,
bien qu'entrée en décadence et unifièrent en un
nouvel empire les membres alors épars de l'ancien.
Les invasions mongoles au XIIIe siècle mirent
fin à cet état de choses. L'invasion de l'Islam
commença en 1219 avec des massacres et des destructions
féroces. Le 13 février 1258, le mongol Hulagu et ses
troupes entrèrent dans Bagdad, où huit cents mille
habitants, furent égorgés, dont des milliers
d'érudits, de savants, de poètes. Des
bibliothèques et des trésors accumulés pendant des
siècles furent pillés ou détruits en une semaine ;
des centaines de milliers de volumes furent brûlés. En
1303, une bataille décisive près de Damas mit fin
à la menace mongole. La marée sanglante se retira
laissant les peuples brisés ; brisés, ils
l'étaient déjà moralement avant l'attaque mongole,
par les plaisirs, l'incapacité et la couardise militaires, le
sectarisme, la corruption et l'anarchie politique. Ainsi des centaines
de cités fécondes et cultivées furent
réduites à la pauvreté et à la stagnation.
1.3 La pensée et la civilisation
1.3.1 Dans l'est de l'Islam
On se rappelle que sous les Séleucides, la
civilisation grecque s'était implantée en Orient, en
Syrie et en Mésopotamie notamment. En contact avec cette culture
en Syrie, les personnalités de l'aire islamique sentirent
grandir en elles une émulation dont les fruits, du VIIIe au XVe
siècles, sont dignes d'être présentés ici et
constituent en ce qui nous concerne l'ère islamique
L'enseignement élémentaire
était centré sur le Coran, dans le
périmètre de la mosquée ; il visait à
former le caractère et non à susciter une
créativité délirante. L'enseignement secondaire
assurait la transmission du savoir, dans l'intention. De
véritables collèges gratuits se fondèrent ; on y
enseignait la théologie, la grammaire, la littérature, la
logique, les mathématiques et l'astronomie. Les
élèves recherchaient les maîtres de valeur, surtout
à la Mecque, à Bagdad, à Damas ou au Caire. Dans
l'immense empire, toute mosquée pouvait offrir au visiteur des
conférences culturelles en arabe.
Les musulmans dès 712 (prise de Samarcande)
apprirent à faire du papier, qui se répandit dès
lors en Occident pour faciliter la fabrication des livres. En 891
à Bagdad, il y avait plus de 100 librairies, centres aussi de
calligraphie, de copie, de réunions littéraires. On y
comptait 36 bibliothèques publiques. Tous les riches
possédaient de grandes bibliothèques. Quatre cents
chameaux auraient à peine suffi à transporter la
bibliothèque d'un certain médecin de Boukhara. Les
anciennes cultures des temples conquis étaient avidement
assimilées. Anthologies, encyclopédies, dictionnaires se
multipliaient. Muhammed al Nadim donna en 987 un index des sciences
(Fihrist al ulum) avec mille titres d'ouvrages en arabe et notices
bibliographiques Il est regrettable de ne pouvoir saisir dans les
oeuvres originales la beauté de la langue arabe, qui se perd
dans les traductions.
Sous les Il-Khans, descendance de Hulagu, la Perse
connut une renaissance et l'on vit fleurir à Tauris une
mosquée, deux collèges, une académie de
philosophie, une bibliothèque, un hôpital. Sous Rachid
ed-Din, Tauris avait un centre universitaire spacieux. Plus tard, sous
le terrible et cultivé Tamerlan, la civilisation fit encore un
retour. L'observatoire de Samarcande joua un certain rôle dans la
mise au point de tables astronomiques.
1.3.2 L'Islam occidental
L'Egypte devenue musulmane contribua à la
floraison de la science. Il faut observer ici que d'une manière
générale les savants islamiques n'étaient pas
d'origine arabe, mais bien perses, syriens, égyptiens, etc. En
Sicile on comptait en 970 trois cents mosquées et autant de
maîtres d'école fort considérés sans parler
de toute l'Afrique du nord.
Mais c'est l'Islam espagnol (711-1086) qui est le
plus digne d'attention pour notre propos. Abd er-Rahman , un Omeyyade
fut nommé émir de Cordoue en 756 et se sépara du
calife al-Mansur. Une civilisation remarquable s'épanouit alors
en Ibérie. Ecclésiastiques et laïques de l'Europe
chrétienne venaient en toute sécurité et
liberté à Cordoue, Tolède ou Séville. A
Cordoue, on comptait plus de deux cent mille maisons, soixante mille
palais, six cents mosquées et sept cents bains publics. La
Mosquée bleue était grandiose et célèbre.
L'Université égalait celles du Caire et de Bagdad.
La dynastie almoravide dura en Espagne de 1090
à 1147 et la dynastie almohade de 1148 à 1248. En 1252,
la domination maure en Espagne était réduite à
Grenade, peu avant la chute de Bagdad.
1.4 La science arabe
Trouvant en Syrie et ailleurs de nombreux textes de
la Grèce en grec ou en traduction syriaque, les musulmans les
firent traduire en arabe. Vers 850, la plupart des textes classiques
grecs de mathématiques, d'astronomie, de médecine avaient
été traduits. Les Eléments d'Euclide, les Coniques
d'Apollonius, la Mécanique d'Heron etc furent traduits, sans
parler d'oeuvres d'Aristote, de Platon, d'Hippocrate, de
Ptolémée etc.
En 773 on fit des traductions des Siddhantas
indiens, d'où une influence importante de la mathématique
indienne sur la mathématique arabe.
La science (exacte) grosso modo a
procédé selon l'organigramme :
On aperçoit le rôle charnière
capital de la science arabe.
1.5 Philosophie
La philosophie joua chez les Arabes le rôle
qu'elle joue dans toutes les civilisations. L'Islam reçut de la
Syrie chrétienne l'héritage de la Grèce
païenne et le rendit par l'Espagne musulmane à l'Europe
chrétienne. Les influences hindoues, perses et juives ne sont
pas négligeables. Mais c'est la pensée grecque qui agit
le plus fortement comme un levain, proposant aux érudits un mode
de penser qui pouvait faire trembler le dogmatisme coranique. Comment
interpréter le Coran ; est-il éternel, faut-il
l'interpréter allégoriquement ?
1.5.1 Le philosophe Al-Kindi (803-873)
fut un polymathe omnivore, étudiant tout,
écrivant deux cent soixante quinze traités dans tous les
domaines : optique, musique, médecine....Il transcrivit l'un des
premiers la numération hindoue en langue arabe. Il admettait
comme Platon que personne ne pouvait être philosophe sans
être d'abord mathématicien. Il réédita le
néo-platonisme.
1.5.2 Al Ashari (873-935)
produisit des écrits conservateurs qui
contribuèrent à la victoire de l'ancienne foi. Il usait
habilement de la logique pour soutenir la foi.
1.5.3 Al-Farabi Ý 950
naquit dans le Turkestan et composa 39 ouvrages au
moins, dont beaucoup de commentaires d'Aristote. Il mourut à
Damas en 950.
Une association de savants fut fondée
à Bagdad en 970 ; une autre établie à Bassora en
983 édita 51 opuscules qui constituent l'expression la plus
complète et la plus solide de la pensée musulmane
à l'époque abbasside : "se modeler sur la dévotion
intellectuelle de Socrate, sur la charité universelle du Christ,
et sur la noblesse modeste d'Ali".
Bien que brûlés comme
hérétiques en 1150 ces écrits circulèrent
et influencèrent la philosophie musulmane et juive.
1.5.4 Ibn Sina (Avicenne)(980-1037)
fut un savant de réputation mondiale en
médecine. Il lut la métaphysique d'Aristote, aidé
du commentaire d'Al Farabi. Il formula une théorie remarquable
des universaux qui n'est pas sans rapport avec celle de St Thomas
d'Aquin.
Les oeuvres d'Avicenne marquent le sommet de la
pensée médiévale et offrent une synthèse de
grande importance dans l'histoire de l'esprit. Elles
influencèrent tout l'Occident. Et nous ne connaissons qu'une
infime partie de ce qu'a produit l'Islam oriental au Xe siècle.
1.5.5 Al Ghazali (1058-1111)
fut le plus grand théologien de l'Islam. Il
commença par être professeur de droit à Bagdad et
perdit la foi en la capacité de la raison de sanctionner la
croyance mahométane, et fit retraite. Il finit par écrire
: Tahafut al-Filasifa (La destruction de la philosophie), où il
utilise la raison contre la raison, qui mène au doute universel,
à la faillite intellectuelle, à la
déchéance morale et à la débâcle
sociale. Il réduit la raison au principe de causalité, et
celui-ci à la simple succession (cf Hume). Puis dans la
"Rénovation des sciences religieuses" il revint par le
mysticisme à toutes les opinions orthodoxes, ce qui finit par
faire fuir la philosophie dans les recoins du monde musulman . Son
système théologique domine l'orthodoxie musulmane
actuelle.
1.5.6 Averroes (1126-1198)
fut l'esprit le plus influent de la philosophie
islamique. Il commença par être médecin à
Marrakech (il trouve la fonction de la rétine). Son
encyclopédie de médecine fut traduite en latin et
largement utilisée. Il était convenu en que "tout est
dans Aristote" et Averroes fut le commentateur par excellence du
Stagirite. Il donna une réponse équilibrée
à la "Destruction de la philosophie" d'Al Ghazali. Pour lui, la
philosophie est une investigation de la signification de l'existence,
dans le but d'améliorer l'homme. Le monde est une
création continuelle par l'énergie divine.
Dieu est l'ordre, la force et l'esprit de l'univers.
L'esprit humain se compose de deux éléments ; l'un est
l'intellect passif ou matériel : simple possibilité de
penser ; l'autre est l'intellect actif : un influx divin qui active
l'intellect passif et le fait passer à la pensée en acte.
Cet intellect actif n'a pas d'individualité. Il est le
même dans tous les hommes.
Averroes eut plus d'influence dans la
chrétienté qu'en Islam, mais son système fut
vigoureusement combattu par Thomas d'Aquin notamment, car il importait
dans la chrétienté des éléments
gnostiques.. En 1194, l'émir al-Mansur, alors à
Séville, fit détruire par le feu tous les ouvrages
d'Averroes, comme l'avait fait le calife Mustanjid à Bagdad en
1150.
1.5.7 Moses b. Maimon ( Maimonides) (1135-1204)
Il naquit à Cordoue et vécut en Egypte
comme médecin, et chef de la communauté juive. Il chercha
à concilier la théologie juive avec
l'aristotélisme musulman ; il affirme que l'acquisition de la
science est une des formes les plus hautes de la religion.
Chapitre 2
Présentation des mathématiques
islamiques
2.1 Introduction
Les savants islamiques ont excellé dans
toutes les branches du savoir : médecine, pharmacologie,
zoologie, botanique, minéralogie, chimie, philosophie notamment,
cette dernière science ayant une grande importance pour les
mathématiques, comme on sait. Les savants mathématiciens,
comme chez les Grecs n'étaient pas de farouches
spécialistes de leur science, et florissaient souvent dans
d'autres domaines, en médecine par exemple.
On peut distinguer trois étapes
entremêlées dans le développement de la
mathématique arabe.
• Une période d'assimilation des
contributions grecques surtout, aussi hindoues
• Une période où la
mathématique islamique s'érige d'une manière
autonome, en relation avec les progrès exigés par le
génie-civil, la géodésie, le commerce,
l'administration étatique, l'architecture, l'atronomie, la
construction des appareils scientifiques, la géographie.
Les procédés des Grecs furent
appliqués à la résolution de problèmes de
la mathématique numérique.
• Une période enfin où de
véritables théories mathématiques sont
développées, par exemple une théorie
géométrique de la résolution de l'équation
du troisième degré.
L'école mathématique de Bagdad est une
école des plus fécondes de l'histoire des
mathématiques, mais l'empire islamique en produisit d'autres, en
Egypte, en Syrie, en Espagne, au Maroc.
Un fait de grande importance pour une histoire des
mathématiques est la décoration intérieure des
mosquées par des voies non figuratives sensées. La
floraison ordonnée des formes géométriques :
ligne, angle, carré, cube, cône, spirale, ellipse, cercle,
sphère produisit de fort belles oeuvres
végétalisées par la suite en guirlandes, torsades,
vrilles, etc et finalement en arabesques. L'architecture des
mosquées elle-même devrait causer au
géomètre une joie marquée.
Les mathématiciens "arabes" (ayant
écrit en arabe) sont extrêmement nombreux et il n'est pas
question ici d'en donner une liste complète. La liste ci-dessous
mentionne les plus importants, soit par leur production scientifique,
soit par le rôle qu'ils ont joué dans la transmission de
la science mathématique à l'Occident. L'écriture
correcte des noms arabes pose un problème difficile. Par exemple
:
"Abû Abd Allâh Muhammad b. Musa
al-Huwârizmi"
est un savant originaire de Huwarizmi (la moderne
Khiwa), que nous désignerons par al-Huwarizmi.
On donne ci-dessous (en 2.2 et 2.3) septante-cinq
noms de savants ayant écrit notamment des ouvrages
mathématiques, avec :
• les dates, souvent approximatives, de la
naissance, de la mort, ou de la floraison,
• la ville ou contrée d'origine, et le lieu
de séjour,
• un aperçu des contributions
mathématiques, ou physiques, ou géographi-ques etc,
• une indication sur les ouvrages publiés.
On indique encore le nom latinisé s'il existe
: Algorismi (par exemple). L'ordre adopté est en principe
l'ordre chronologique, indépendamment de l'appartenance
géographique. On parcourt ainsi cinq siècles (du IXe au
XIVe) en ne montrant qu'une faible partie de l'extraordinaire floraison
scientifique du monde islamique. Ajoutons que les Arabes ont eu la
sagesse de conserver précieusement leur belle langue, et de
déclarer récemment encore qu'elle était la langue
par excellence de leurs pays. Ils sont plus sages en cela que les
Occidentaux, acharnés à détruire la langue latine,
sur laquelle repose pourtant leur civilisation.
2.2 savants mathématiciens de l'ère
islamique
2.2.1 Al-Fazari &endash; 777
2.2.2 Ibn Tarik &endash; 796
2.2.3 Muhammad &endash; 800
2.2.4 Al Haggag 786 833
2.2.5 Al Gauhari &endash; IXe
2.2.6 Al-Huwarizmi 780 850 Algorismi
2.2.7 Al-Habas &endash; 870
2.2.8 banu Musa &endash; 872
2.2.9 Ibn Turk &endash; IXe
2.2.10 Ibn Ali &endash; IXe
2.2.11 Al Kindi 803 873 Alkindus
2.2.12 Al Fargani &endash; IXe Alfraganus
2.2.13 Al Mahani &endash; 880
2.2.14 Abul Masar &endash; 881
2.2.15 Thabit ibn Qurra 830 901
2.2.16 Al Balabakki &endash; 912
2.2.17 Al-Misri &endash; 912
2.2.18 An-Nairizi &endash; 922 Anaritius
2.2.19 Al-Battani 850 929 Albategnus
2.2.20 Abu Kamil 850 930
2.2.21 Abu Uthman &endash; 932
2.2.22 Mahomet Bagdadin &endash; Xe
2.2.23 Ibrahim ibn Sinan 908 946
2.2.24 Al-Farabi 870 950
2.2.25 Khodjendi &endash; 960
2.2.26 Al-Karabisi &endash; 970
2.2.27 Al-Isfahani &endash; Xe
2.2.28 Al Hazin &endash; 970
2.2.29 El-Kouhi &endash; Xe
2.2.30 Abul Wafa 940 997
2.2.31 Al Hugandi &endash; 1000
2.2.32 Al Magriti &endash; 1007
2.2.33 Ibn Yunis 950 1009
2.2.34 Al Sigzi fin Xe déb.XIe
2.2.35 Ibn Iraq &endash; XIe
2.2.36 Al Husayn &endash; XIe
2.2.37 Al Karki &endash; XIe
2.2.38 Al Gilani 971 1029
2.2.39 An Nasawi &endash; 1030
2.2.40 Ibn Sina 980 1037 Avicenne
2.2.41 Abulcasim &endash; XIe
2.2.42 Al Haitham 965 1039 Alhazen
2.2.43 As-Sanni &endash; XIe
2.2.44 Al Biruni 973 1048
2.2.45 Al-Lit &endash; XIe
2.2.46 Al-Bagdadi &endash; 1100
2.2.47 Benarzaquil &endash; XIe Arzachel
2.2.48 El Mutamin &endash; XIe
2.2.49 Al Djajjani &endash; XIe
2.2.50 Al Hayyam 1040 1131
2.2.51 Al Andalusi 1067 1143
2.2.52 Sahib el Sorta 1070 1136 Savasorda
2.2.53 Gebri ibn Aflah &endash; XIIe Geber
2.2.54 Al Hazini &endash; XIIe
2.2.55 Al Hassar &endash; XIIe
2.2.56 Al Idrisi &endash; XIIe
2.2.57 Al Bitrugi &endash; XIIe Alpetragio
2.2.58 Ibn Ezra 1090 1167
2.2.59 As Samawal &endash; 1175
2.2.60 El Hocein &endash; XIIe
2.2.61 Al Masudi XIIe XIIIe
2.2.62 Saraf al din Al Tusu &endash; 1213
2.2.63 Ha Hazzan &endash; XIIIe
2.2.64 Al Gulfari &endash; XIIIe
2.2.65 Al-Quifti 1172 1248
2.2.66 At Tusi 1201 1274
2.2.67 El Housseyni &endash; XIIIe
2.2.68 Ibn al Banna 1256 1321
2.2.69 Ibn Haldun 1332 1406
2.2.70 Ar Rumi 1357 1412
2.2.71 Al Kasi &endash; 1429
2.2.72 Ulugbeg 1393 1449
2.2.73 Al Kusci &endash; 1475
2.2.74 Al Qualasadi &endash; 1486
2.2.75 Chelebi &endash; 1525
2.3 Fiches signalétiques des savants
2.3.1 Al-Fazari Ý777
Abu Ishak Ibrahim al-Fazari, astronome, fut le
premier constructeur de l'astrolabe arabe.
2.3.2 Yagub ibn Tarik Ý 796
auteur de travaux sur la théorie de la
sphère et compilateur de tables numériques.
2.3.3 Muhammad Ý800
fils de Al-Fazari, traduisit, sur l'ordre du calife,
une oeuvre indienne (Siddhanta) consacrée à l'astronomie.
2.3.4 Al Haggag
Al Haggag ibn Yusuf ibn Matar
Il vécut de 786 à 833 probablement
à Bagdad. Il traduisit les Eléments d'Euclide pour Haroun
al-Rashid sur demande du ministre Yahya, puis fit une édition
améliorée pour Al-Mamoun. Besthorn et Heiberg ont
publié cette version d'après un manuscrit de Leyde; elle
est accompagnée d'un commentaire de Al-Nairizi, fondé
lui-même sur les commentaires des anciens géométres
: Simplicius, Geminus, Pappus, Héron. L'ouvrage ne contient que
les six premiers livres.
Codex Leidensis, 399 ; Euclidis elementa ex
interpretatione Al-Hadschd-schadschii cum commentariis Al-Nairizii.
Hauniae, ler fascicule, 1893.
2.3.5 Al Gauhari IXe
Al Abbas ibn Said al Gauhari
Contemporain et collaborateur de Al-Huwarizmi, il
fut aussi commentateur de Al-Haggag.
On lui doit des commentaires sur le livre V des
Eléments, et un texte:
Islah li Kitab al Usul (Perfectionnement du livre
des Eléments), qui nous est parvenu grâce à At Tusi.
Il propose une "démonstration" très
intéressante du cinquième postulat d'Euclide.
2.3.6 Al-Huwarizmi
Abu'Abdallah Muhammad ibu Musa al-Huwarizmi
al-Magusi 780 -850
Algorismi.
Il a fleuri au IXe siècle sous le
règne du calife Al-Mamoun, à Bagdad, et avait deux
frères Hamet et Hasen, très bons scientifiques
également. Il travaillait dans la Maison de la Sagesse, sorte
d'académie. C'est l'un des plus grands parmi les
mathématiciens arabes. On lui doit le plus ancien traité
arabe d'arithmétique, dont l'original est perdu. Le texte ne
nous est connu que par une traduction latine qui date du XIIe
siècle, et dont le titre peut s'énoncer "Algoritmi de
numeré Indorum". Le nom Algoritmi Al-Huwarizmi ou
Alkhowarizmi.est passe dans la langue courante d'aujourd'hui ; on
désigne en effet un procédé de calcul par le terme
"algorithme".
On dispose encore de la traduction "Liber algorismi
de pratica arismetrice" de Johannes de Séville, et en outre de
"Liber ysagogarum Alchorismi in artem astronomicam a magistro A.
compositus", probablement d'Adelard de Bath.
On peut consulter :
Mohammed ibn Musa Alchwarizmi's Algorismus
Ed.K.Vogel, Aalen, 1963.
Bald.Boncompagni, Trattati d'aritmetica Rome, 1857,
no 1.
Al Huwarizmi a encore composé le plus ancien
traité arabe d'algèbre :
Al-Kitab al-muktasar fi nisab al-gabr wa-l-muquabala.
Un manuscrit arabe est conservé à
l'Université d'Oxford. On en connaît aussi plusieurs
traductions latines provenant de Robert de Chester (1145) ou de
Gérard de Crémone (1114-1187).
On peut consulter :
The algebra of Mohammed ben Musa, ed. and transl. by
F.Rosen, London 1831.
Il semble que Al-Huwarizmi ait tiré ses
connaissances algébriques des Indiens plus que de Diophante. Le
texte propose une théorie de la résolution des
équations quadratiques et linéaires à coefficients
numériques. Certaines parties sont consacrées à la
géométrie.
On doit encore à Al Huwarizmi un ouvrage sur
l'astronomie, qui contient les premières tables arabes de sinus
et de tangentes.
O. Neugebauer, The astronomical Tables of
al-Khwarizmi. Translation with commentaries. Kobenhavn 1962.
On mentionne en outre deux ouvrages :
De figuris planis et sphoericis (triangles plans ou
sphériques), et : Verba filiorum Moysi, filis Schaker, M. Ham,
Hassen (démonstration de la formule de l'aire d'un triangle en
fonction des côtés).
2.3.7 Al-Habas Ý 870
Ahmad ibn'Abdallah al-Marwazi al-Habas al-Hasib (le
calculateur)
Cet astronome fut un collaborateur d'Al-Huwarizmi et
travailla dans la "Maison de la Sagesse" à Bagdad. On lui doit
des contributions intéressantes en trigonométrie : il
manipulait correctement les tangentes et cotangentes. Il a
laissé une collection de tabelles qui contient des tables de
sinus, tangentes, cotangentes, sinus versus, cosécantes
données en notation sexagésimale de degré en
degré.
On pourrait consulter Schoy [2], [3]
2.3.8 banu Musa
Abu Gafar Muhammad ibn Sakir Ý872, Al Hasan
et Ahmad
Ces trois frères ont développé
une activité remarquable à Bagdad, en
mathématique, en astronomie, en musique et en mécanique.
Ils érigèrent leur propre observatoire,
collectionnèrent des manuscrits et firent traduire les auteurs
grecs en arabe. On dispose de :
Curtze [2], et Suter [4]
2.3.9 Ibn Turk
Abd al-Hamid ibn Wasi ibn Turk (IXe siècle)
Ce mathématicien contemporain de Al-Huwarizmi
écrivit un livre : "Kitab algabr wa-l-muqabala"
On dispose du texte arabe et d'une traduction
anglaise de la section consacrée aux équations
quadratiques. Il semble que l'Algèbre de Ibn Turk soit à
peu près contemporaine de celle de al-Huwarizmi, la
priorité restant à ce dernier. cf.
A. Sayili : Logical Necessities in Mixed Equations
by Abd al Hamid ibn Turk and the Algebra of his Time. Ankara, 1962.
2.3.10 Ibn Ali
Abu-t-Tagib Sanad ibn Ali
Auteur de commentaires du livre V des
Eléments d'Euclide. Directeur de l'observatoire astronomique de
Bagdad sous Al Mamoun.
2.3.11 Al Kindi
Abu Yusuf Ya'qub ibn Ishaq al-Kindi (803-873)
Alkindus
Il était né à Basra, et fut en
faveur auprès des califes sauf sous Al-Mutawakkil, lors de la
réaction orthodoxe. Parmi ses très nombreuses oeuvres,
traduites notamment par Gérard de Crémone, on peut citer :
Le liber Jakob Alkindi de causis diversitatum
aspectus et dandis demonstrationibus geometricus super eas. Cité
aussi sous le titre : De aspectibus, cet ouvrage se base sur les
ouvrages d'Euclide, de Héron, de Ptolémée. Il a
exercé une influence notable sur R. Bacon.
La traduction des Eléments faite par ce
philosophe (chrétien nestorien) est la plus importante et
célèbre de toutes les traductions arabes et elle a
été revisée par Thabit ben Korrah.
On cite encore :
De regula sex quantitatum (calculs et constructions
déduites du théorème de Ptolémée).
Il écrit en outre : De Arithmetica Indica, De horologium scia
thericorum descriptione, etc.
2.3.12 Al-Ferghami, ou Al Fargani.
(Ahmad ibn Muhammad al-Ferghami)
Alfraganus.
Il fut astronome de A1-Mamoun et de ses successeurs.
On lui doit :
Le compendium sur les principes de l'astronomie,
traduit de l'arabe en latin en 1135 par Johannes Hispalensis, et par
Gérard de Crémone.
2.3.13 Al-Mahani
Abu Abdallah Muhammad ibn Isa al-Mahani
C'est un mathématicien et astronome
originaire de Mahan, Kirman, en Perse. Il mourut en 880 environ. Ses
observations d'éclipses de conjonctions faites entre 853 et 866
furent utilisées par Ibn Yunus. Al-Mahani est surtout connu par
ses traductions d'Euclide et d'Archimède. Il tenta de
résoudre le problème étudié par
Archimède :
"couper une sphère par un plan de
manière à obtenir deux parties ayant entre elles un
rapport donné", problème qui aboutit à une
équation de la forme
x3 + c2b = cx2,
dite par les Arabes "équation al-Mahani".
Il a écrit des commentaires sur certains
livres des Eléments d'Euclide (livres I, V, et X).
2.3.14 Abul Masar
Abu Masar Gafar ibn Muhammad ibn Umar al-Balhi.
(cité par le Fihrist)
Il vécut à Bagdad et mourut en 881
âgé de plus de 100 ans. Il écrivit une introduction
à la science des astres, traduite en latin par Hispalensis et
par Adelard.
2.3.15 Thabit ibn Qurra
Abu-l-Hasan Thabit ibn Qurra as Sabi, al-Harrani
(830-901)
L'homme que l'on peut considérer comme le
plus grand géomètre de langue arabe était
originaire de Harran, en Mésopotamie, et fleurit à
Bagdad. Il était mathématicien, physicien, et astronome.
Il appartenait à la secte non musulmane des Sabéens,
mi-religieuse, mi-philosophique, qui a fourni beaucoup de savants; elle
a survécu quatre siècles à l'Islam, et on peut la
rattacher au néo-platonisme. Thabit ben Qurra, excommunié
par le chef de la secte dut quitter Harran et rencontra al Huwarizini
qui l'emmena à Bagdad, où il fut honoré de
l'amitié du calife.
On compte 150 écrits de Thabit ben Qurra en
arabe et seize en syriaque ; ils ne nous sont pas tous parvenus. C'est
à Thabit que l'on doit la traduction des Coniques d'Apollonius,
d'oeuvres d'Archimède, d'Eutocius, d'Euclide, de
Théodose, etc. Les livres V,VI,VII des Coniques d'Apollonius ne
nous sont connus que par leur version arabe.
Il soumit à une révision la traduction
des Eléments d'Euclide faite par Isahq ibn Hunayn ; il
écrivit une introduction aux Eléments où il
examine les prémisses et les propositions. On doit à
Thabit ben Qurra deux oeuvres sur le cinquième postulat
d'Euclide (éditées par Rosenfeld, en russe). Citons
encore : H. Suter [14]: Die Abhandlungen Thabit ben Kurras und Abu Sahl
al Kuhis uber die Ausmessung der Paraboloïde. Sitzungsber, der
Phys. med.Soz. in Erlangen, 48, 1918. cf. Sabra.
2.3.16 Al-Balabakki
Al-Balabakki Qusta ibn Luga
Vécut à Bagdad et mourut en 912 ;
c'était un chrétien d'origine grecque. Il écrivit
sur les Eléments d'Euclide : ses traductions des "livres" 14 et
15 existent encore. Il fut aussi traducteur de Diophante, de
Théodose de Tripoli, d'Autolycos, d'Hypsiclès,
d'Aristarque et des Mécaniques d'Héron, conservées
en arabe, et traduites en français par Carra de Vaux (Journal
asiatique, Paris 1893).
2.3.17 Al-Misri
Abu Gafar Ahmad ibn Yusuf al Misri. Ý 912.
Son oeuvre :De proportione et proportionalitate nous
est parvenue dans la traduction latine de Gérard de
Crémone ; elle influença Léonard de Pise. (XIIIe
siècle).
2.3.18 An Nairizi
Abu-l-Abbas al-Fadl ibn Hatim an-Nairizi Ý 922
Anaritius
Il fleurit à Bagdad sous Mutalid (892-903) et
mourut en 922. Cet astronome et mathématicien traita de
l'astrolabe shérique et de la détermination de la "Kibla"
(direction de .1a Mecque) ; il commenta Euclide et
Ptolémée ; on possède ses commentaires des livres
I à VI des Eléments en arabe, et ceux des livres I
à X dans une traduction latine due à Gérard de
Crémone
Anaritii in decemlibros priores Elêmentorum
Euclidis commentarii ed. M. Curtze, Leipzig, 1899.
Anaritius a traité du cinquième
postulat d'Euclide en reprenant une définition de Posidonius
(ler siècle).
2.3.19 Al-Battani
Al-BattaniAbu Abdallah Muhammad ibn Gabir al-Battani
(850-929)
Albategnus
Il appartenait comme Thabit ben Qurra à la
secte des Sabéens. Il vécut à Raccah sur
l'Euphrate et y fit des observations astronomiques de 877 à 918,
puis se rendit à Bagdad. Il mourut en 929 lors d'un retour
à Raccah.
Son oeuvre monumentale est une de celles dont nous
possédons une édition et une traduction vraiment
sclentifiques.
.L'Opus astronomicum traite des tables et de leur
construction. Il aborda la trigonométrie tant plane que
sphérique d'une manière très systématique,
(théorème d'Albategnius).
Al-Battani sive Albatanii, Opus astronomicum,
Arabice editum, latine versum, adnotationibus instructum a C.A.Nallino,
1-3. Milano 1899-1907.
Nallino, dans l'Encyclopédie de l'Islam
(p.698), énumère les contributions astronomiques de
Al-Battani.
2.3.20 Abu Kamil
Abu Kamil Suga ibn Aslam ibn Muhammad al-Hasib
al-Misri (850-930)
(al Hasib al Misri signifie : le calculateur
égyptien)
C'est un algébriste remarquable qui
perfectionna l'oeuvre d'Al- Huwarizmi, influença fortement
Al-Karki et fut une des sources utilisées par Léonard de
Pise. Son influence sur le développement de l'algèbre ne
saurait être mésestimée.
Il écrivit notamment
Kitab al-gabr wa-l-muquabala, qui traite des
équations quadratiques, avec une riche collection d'exemples, et
un niveau théorique élevé.
On pourrait consulter :
J. Weinberg : Die Algebra des Abu Kamil Soja ben
Aslam, Munchen, 1935. En outre, Abu Kamil a écrit sur le
pentagone et sur le décagone ; cf. : H. Suter [8] : Die
Abhandlung des Abu Kamil Soja b.Aslam uber das Funfeck und Zehneck.
Bibliotheca mathematica, 10, 3. Folge 1910.
2.3.21 Abu Uthman
Abu Uthman Said ibn Jaqûb al Dimasjqi
Ce mathématicien et physicien musulman
fleurit à Bagdad vers 930 (Ý932). Il traduisit les
Eléments d'Euclide, y compris le Xe livre avec un commentaire de
Pappus. La traduction en a été conservée.
2.3.22 Mahomet Bagdadin.
Géomètre du Xe siècle serait
l'auteur d'un traité élégant sur la division des
surfaces, traduit en latin.
De superficierum divisionibus leber Mahometo
Bagdedino ascriptus -irunc primum. Joannis Dee Londinensis et Federici
Commandini Urbi natis opera in lucem editus, Pisauri. 1570, in 4°.
Il s'agit de diviser une figure en parties
proportionnelles a des nombres donnés, par une droite
menée d'après certaines conditions. Cet ouvrage est un
complément d'un traité de géodésie. Les
traducteurs ont pensé que cet ouvrage pouvait provenir d'Euclide
; cette question semble être encore ouverte.
2.3.23 . Tâbit ibn Qurra II ou Ibrahim ibn
Sinan
Abu Ishag Ibrahim ibn Sinan ibn Tâbit ibn
Qurra (908 - 946.)
Ce petit fils du célèbre Tâbit
ibn Qurra a laissé diverses oeuvres dont une est traduite :
H. Suter[13] : Abhandlung uber die Ausmessung der
Parabel. Vierteljahr-schrift der Naturforschenden Gesellschaft in
Zurich, LXIII, 1918, p. 214.
La méthode développée, dit A.
Mieli, est la plus simple de celles qu'on pouvait imaginer avant
l'invention du calcul intégral. L'auteur apparait ici comme un
précurseur de Fermat.
Il écrivit aussi une monographie sur la
construction par points de l'ellipse, de l'hyperbole et de la parabole
à l'aide de la règle et du compas.
2.3.24 Al Farabi (870-950)
Abu Nasr Muhammad ibn Muhammad al-Farabi.
Dans ses Commentaires sur les difficultés
dans les introductions aux livres I et V d'Euclide, qui nous sont
parvenus dans une traduction hébraïque, il s'en prend aux
notions de point, de ligne, et de surface.
"Il faut commencer avec un corps que l'on puisse
saisir, et passer de là à la notion d'un corps
dégagée des perceptions sensibles; on passe alors
à la notion de surface, de ligne, et enfin on parvient au point"
2.3.25 Khodjendi Ý 960
Il a énoncé que l'équation
x3 + y3 = z3
n'a pas de solution en nombres entiers, mais nous ne
connaissons pas sa démonstration. Il a étudié les
triangles rectangles en nombres entiers. On peut consulter :
M. Cantor, Vorlesungen uber Geschichte der
Mathematik, lère éd., t.l, p. 646.
2.3.26 Al Karabisi
Ahmad ibn Umar al-Karabisi Ý 970
On signale de lui une détermination
erronée du volume du tore.
E-Bessel-Hagen und O. Spies, Das Buch uber die
Ausmessung der Kreisringe des Ahmad ibn Omar al-Karabisi, Quellen und
Studien zur Geschichte der Mathematik, Bd- I, 1931.
2.3.27 Al Isfahani
Abul Fath Mahmud ibn Muhammad ibn Quasim Fadl
al-Isfahni (fin Xe)
Ce mathématicien d'origine iranienne a
réédité la traduction des Coniques d'Apollonius
due à Thabit ben Qurra.
2.3.28 Al Hazin
Abu Gafar Al-Hazin Ý970
Il naquit à Khorasan et mourut entre 967 et
971. Il écrivit un commentaire sur le Xe livre des
Eléments ; astronome également, il fit de nombreuses
observations et décrivit plusieurs instruments.
Il fut le premier à pouvoir résoudre
"une équation renfermant des cubes, des carrés et des
nombres à l'aide des sections coniques".
2.3.29 El-Kouhi
Abou Sehl Ouidjen Ibn Oustem el-Kouhi Al gouhi ou
Abu Sahl Wigan Ibn Rustam al Kuhi.
Originaire des montagnes de Kouh dans le Kerman, il
observa (en 947) des équinoxes. En 988, il était
astronome en chef à l'observatoire de Bagdad. On lui doit un
traité sur Le compas parfait.
En outre, divers traités, achevés ou
non, sont de sa main, notamment :
• Traité de l'art de construire des
astrolabes, avec démonstrations
• Traité des cercles qui se touchent suivant
la méthode de l'analyse
• Traité des additions au second livre
d'Archimède.
• Traité de la détermination du
côté de l'heptagone inscrit dans le cercle.
On peut consulter : Woepcke [1], [6]
2.3.30 Abul Wafa
Abu-l-Wafa Muhammad ibn Muhammad al Buzgani ( 940 -
997 ).
Ce mathématicien et astronome de grande
envergure naquit à Buzadjan (Quhistan). C'est l'un des derniers
grands traducteurs du grec et commentateur d'Euclide ; il contribua
à faire connaitre l'oeuvre de Diophante.
En arithmétique, on lui doit la règle
qui permet de déterminer le plus petit dénominateur
commun d'une somme de fractions ; il considère la division comme
opération inverse de la multiplication. Il écrivit un
livre sur l'extraction des racines 3e, 4e et 7e. En
géométrie, il fournit notamment la formule :
qui relie le diamétre d d'un cercle au
côté an du polygone régulier à n
côtés inscrit. Elle est exacte pour n = 3, 4, 6 ; pour n =
5, 10, 20 les erreurs sont respectivement de 0,1 % , 1%, 2% ; pour
n&emdash;> infini, l'erreur tend vers un nombre inférieur
à 5%. De nombreuses constructions figurent dans un
traité, dont le partage de la sphère S2 en polygones
sphériques réguliers.
En trigonométrie ses contributions sont
remarquables. Il écrit lui-même "Nous avons frayé
un chemin que n'a suivi aucun de nos prédécesseurs ; nous
avons évité les méthodes connues, lorsque leur
usage paraissait rendre difficile le travail de l'étudiant ...
Nous avons introduit des propositions que les Grecs ne mentionnaient
pas... Nous avons calculé les tables avec le plus grand soin" .
C'est Abul Wafa qui a défini les lignes
trigonométriques d'une manière synthétique
à l'aide de segments relatifs à un cercle.
Les ouvrages d'Abul Wafa dont nous possédons
le texte arabe sont :
1) Kitab fi ma yahtag ilay-hi al-Kuttab wa-al-ummal
nin ilam al- Hisab (sur la science du calcul pour les hommes d'affaires)
2) Al Kitâb al-Kanul (le livre parfait)
probablement identique à l'Almageste du même auteur.
3) Al Kitab al-handasa (le livre de
géométrie) qui nous reste en traduction perse,
d'authenticité douteuse.
On pourra consulter Suter [15], Woepcke [4], Carra
de Vaux:
et. Luckey [1] .
2.3.31 Al Hugandi Ý 1000
Abu Muhammad Mamiel ibn al-Hidr al Hugandi
Astronome et mathématicien du Choresm. Il a
tenté de prouver que l'équation : x3 + y3 = z3 n'est pas
résoluble en entiers strictement positifs, et a
étudié les triangles rectangles à
côtés entiers. Cf.
M. Cantor : Vorlesungen uber Geschichte der
Mathematik, 1ère édit. t. 1, p. 646.
2.3.32 Al Magriti Ý1007
Abul Quasim Maslama ibn Ahamd al-Magriti.
Ce savant originaire de Madrid vécut à
Cordoue et nous a fait connaître les tables astronomiques d'Al
Huwarizmi, qui contiennent des tables de sinus et de tangentes. cf.
Die astronomischen Tafeln des Muhammed ibn Musa
al-Khwarizmi in der Bearbeitung des Maslama ibn Ahmed al-Madjriti und
der lateinischen Ubersetzung des Athelard von Bath auf Grund der
Vorarbeiten von A. Bjornbo und R.Besthorn, hrsg und Kommentiert von
H.Suter, Mein. Acad. Sc. de Danemark sect. lettres, 7.Ser.3, Copenhague
1914.
2.3.33 Ibn Yunis
Abul Hasan Ali ibn abi Said Abderrahman ibn Ahmad,
ibn'Yunis (950-1009).
Ce mathématicien et astronome vécut au
Caire et fut un grand observateur et constructeur de tables
astronomiques. Il établit une formule équivalente à
cos a cos b = 1/2 {cos(a+b) + cos (a-b)}
et résolut des problèmes de
trigonométrie sphérique. On lui doit une
détermination de sin 1° = l ; 2'49"43"' 4 (IV) exacte
à 10(-7) près. Ses tables des sinus vont de minute en
minute, ou même de seconde en seconde . Elles font partie des
célébres "tables hakémites".
Cf. : Caussin. Le livre de la grande table
Hakémite (Notice et extraits, VII à XII, p. 16-240)
C. Schoy : Isis, vol. IV à VII.
2.3.34 Al Sigzi
Abu Said Ahmad ibn Muhammad ibn al-Galil al-Sigzi
(fin Xe -début XIe siècle )
Il s'intéressa à l'astronomie et aux
questions trigonométriques qui s'y rattachent. Dans
l'algèbre d'Omar Alkayami (cf. Al-Kuhi) on trouve un
"Traité de la trisection de l'angle rectiligne" dû
à al-Sigzi.
C. Schoy, Graeco-arabische Studien Isis, VIII, 1926,
p. 21.
H. Burger et K. Kohl, Geschichte des
Transversalsatzes, Erlangen, 1924.
Une longue liste de manuscrits d'ouvrages d'al-Sigzi
existant en des bibliothèques européennes est
donnée par :
William Thomson et G. Junge : The commentary of
Pappus on Book X of Euclid's Elements, Cambridge, 1930.
2.3.35 Abu Nasr ou Ibn Iraq
Abu Nasr Mansur ibn Ali ibn Iraq (début XIe
siècle)
Ce mathématicien et astronome fut le
maître d'Al-Biruni. Il résolut notamment l'équation
x3 + cx2 = a
par des méthodes constructives, et fournit
diverses contibutions géométriques. Il donna une
démonstration de la formule de trigonométrie
sphérique
sin a/sinA = sin b/sin B = sin c/sin C
Die Sphärik von Menelaos aus Alexandrien in der
Verbesserung von Abu Nasr ibn Ali ibn Iraq- Mit Untersuchungen zur
Geschichte des Textes bei den islamischen Mathematiker, Berlin 1936.
2.3.36 Al-Husayn début XIe
Abu Gafar Muhammad ibn al-Husayn
Ce savant du début du XIe siècle
résout notamment le problème :
Construire un nombre carré rationnel qui par
addition et soustraction d'un même nombre, redonne des
carrés rationnels.
En outre, il a écrit un texte sur le compas
parfait. cf. Woepcke [5],[6]
2.3.37 Al Karki ou Al Karagi
Abu Bakr Muhammad ibn al-Hasan al-Hasib ^al-Karki.
Mathématicien et astronome, il mourut entre
1019 et 1029.. Il écrivit Kitab al-Kafi fi-l-hisab (ce qui
suffit pour le calcul). Cf. :
A. Hochheim : Al Kafi fil Hisab des Abu Bekr
Muhammed ben Al- husein Alkarkhi 1-3, Halle (Saale), 1877-1880.
Cet ouvrage peut être considéré
comme une introduction à un traité d'algèbre
écrit en 1010, intitulé : Al-Fakri.
F. Woepcke. Extrait du Fakhri, traité
d'algèbre par...Al-karki Paris 1853.
Cette oeuvre a un caractère algébrique
remarquable et s'apparente à Diophante.
Il y établit la formule
et étudie des équations du type
ax2n + bxn = c, ax2n + c = bxn , bxn + c = ax2n
ax2n+m = bx n + m + cxn
On peut remarquer que Al-Karagi n'emploie pas les
"chiffres arabes."
2.3.38 Al Gilani (971-1029)
Abu al Hasan Kusyar ibn Labban ibn Basahri al Gili.
Mathématicien et astronome, auteur de tables
astronomiques.
Cf. : L.Ideler, Handbuch der mathematischen und
technischen chronologie, 2 vol. Berlin, 1825-26.
2.3.39 An Nasawi Ý 1030
Abu-l-Hasan Ali ibn Ahamd an-Nasawi.
Ce mathématicien né a Nasa (Aschabad)
écrivit un texte :
Al muqni fi-l-hisab al Hindi (sur
l'arithmétique hindoue), qui se rattache étroitement
à l'arithmétique d'Al-Huwarizmi.
Il estime que
est une valeur trop faible.
An Nasawi décrivit pour la première
fois un procédé d'extraction de racine cubique qui n'est
autre que le procédé chinois.
Cf. H. Suter [7] Ueber das Rechenbuch des Ali ben
Ahmed el Nasawi. Bibliotheca Mathematica, 3. Folge, 7, 1906-1907.
2.3.40 Ibn Sina (Avicenne)
Abu Ali al-Husyn ibn Aballah
Ce grand philosophe a comme tel déjà
sa place dans la galerie des maitres mathématiciens arabes. Si
l'on considère son oeuvre
Kitab al-sifa (livre de la guérison), grande
encyclopédie en 18 livres, publiée aussi sous forme de
résumé : Kitab al-nagat (livre du salut), on y trouve des
considérations sur toutes les sciences physiques et naturelles,
et en particulier une partie mathématique comprenant une version
des Eléments d'Euclide, très claire, très
fidèle à l'original grec. Par ailleurs, la partie
consacrée à la logique, a une importance historique
considérable.
On peut consulter : M. Horten : Das Buch der
Genesung der Seele. Eine philosophische Encyclopadie Avicennas. Die
Metaphysik, enthaltend Meta physik, Theologie, Kosmologie und Ethik
ubesetzt und erlautert. Halle 1907 - 1909
Ibrahim MadKour. L'Organon d'Aristote dans le monde
arabe. Paris 1934.
cf. Avicenne [1], [2]
2.3.41 Abulcasim
Abu al-Quasim Asbag ibn Muhammad ibn al-Samh
(980-1035)
Excellent mathématicien qui a fleuri à
Grenade, auteur de traités d'arithmétique, de
géométrie et de tables astronomiques. réunis et
compilés par ordre du roi Alfonso el Sabio contiennent un
De cuemo puede ell ome fazer una lamina a cada
planeta segund lo mostro el sabio Abul cacim Abnaçam, qui semble
être un extrait de ces tables.
2.3.42 Al Haitham
Abu Ali al Hasan ibn al Hasan ibn al Haitham
Alhazen (965 - 1039)
Originaire de Basra en Irak, il vécut
à Misr et au Caire. C'est un mathématicien, et un
physicien de grande envergure, spécialiste de l'optique. Son
Kitab al manazir (l'optique)
exerça une influence profonde,
particulièrement sur les travaux de Roger Bacon et de Witelo.
Dans ce livre, il décrit l'oeil et expose une conception de la
vision assez correcte et précise ; il examine
généralement le phénomène de la
réfraction atmosphérique, etc.
On peut consulter à ce propos :
Eilhard Wiedemann, Zu ibn al Harthams Optik, Archiv
f.Geschichte der Naturwissenschaften, III, 1910, p. 1-53.
L'optigue de Al-Haytam fut commentée par
Kamal al-din Abu al Hasan al Farisi (Ý 1320).
Son ouvrage, a été imprimé
à Bale en 1572 avec la troisième édition de
l'optique de Vitellion .cf. Alhazen [1]. Il se recommande par des
considérations de géométrie savantes et
étendues. On y trouve le probleme du rayon lumineux
réfléchi sur ùn cercle, passant par deux points
donné Cet ouvrage a été l'origine de nos
connaissances en Optique.
Alhazen est encore l'auteur du "Traité des
connus géométriques" où il traite des lieux
géométriques à différents points de vue. Ce
texte s'apparente aux "Données" d'Euclide, et au "Porismes" de
ce même Euclide.
Notons encore que Alhazen fut encore très
considéré comme astronome et comme ingénieur.-
J.L Heiberg und E. Wiedemann, ibn al Haitams Schrift
uber parabolische Hohlspiegel, Bibliotheca mathematica, 13. Folge, 10,
1910 .
cf. Suter [1], [12]
2.3.43 As-Sanni
Abu Abdallah as-Sanni (XIe siècle)
Ce mathématicien contemporain d'Al-Biruni a
fourni une démonstration difficile et compliquée de la
formule
qui donne l'aire d'un quadrilatère
inscriptible convexe de côtés a, b, c, d. Cf. H. Suter Das
Buch der Auffindung der Sehnen im Kreise von Abul Raikan Muh.
el-Biruni. Bibliotheca mathematica, 3.Folge 11, 19 10-1911 .
2.3.44 Al Biruni (973-1048)
Abu Rayhan Muhammad ibn Ahmad Al Biruni.
Philosophe, historien, voyageur, géographe,
linguiste, mathématicien, astronome, poète et physicien,
il fut le Leibniz, presque le Léonard de l'Islam. Il naquit dans
le faubourg Birun de la capitale Kiat du Choresm ; de 1010 à
1017, il travaille avec son maitre Abu Nasr (ibn Iraq)(no 24), avec le
célèbre Ibn Sina, et avec d'autres, à la cour du
Schah al Mamun II. Après la conquête du choresm par le
sultan Mahmud, il se déplaça à Gasna qui allait
devenir un centre culturel important. Il vécut plusieurs
années en Inde, dans le sillage des conquêtes de Mahmud.
Il y a apprit le sanscrit en composa une oeuvre importante sur l'Inde :
"Tarik al Hind", dont une grande partie contient des communications sur
les découvertes des Indiens en astronomie et en
mathématiques. Rentré à Gasna "al ustad" (le
maître) y mourut en 1048 (certains disent à une date plus
tardive).
Ses contributions mathématiques sont
nombreuses. On peut citer :
• l'emploi de l'interpolation quadratique dans les
tables trigonométriques,
• un livre sur la règle de trois qui
mentionne les procédés indiens,
• un livre sur l'extraction des racines ne, n = 3,...
• le calcul du côté du polygone
régulier à 9 côtés par réduction
à une équation du 3e degré.,
• une preuve du théorème du sinus en
trigonométrie
• la reconnaissance aux nombres irrationnels d'un
droit de cité plénier
• la construction d'une table de sinus de 15' en 15'
très précise, avec le rayon r pris égal à
1, et non r = 60..
Voici quelques références sur ses
oeuvres :
1) Tarih al-Hind Edouard Sachau Tarikal Hind, avec
traduction anglaise, 2 vol.l888 nouvelle édition London, 1910.
2) H. Suter. Das Buch der Auffindung der Sehnen im
Kreise. Bibl. math XI, 1910, p.11.
3) Uber die Projektion der Sternbilder und der
Lander. Abh z. Gesch. der Naturwissensch. Erlangen 1922.
4) Al Qanun al Masudi Carl Schoy Originalstudien aus
Al Qanun al Masudi Isis V, 1923 p.5:
Carl Schoy Die trigonometrischen Lehren des
persischen Astronomen Abu l'Raihan Muh. ibn Ahamd al-Biruni dargestellt
nach Al Qanun al Masudi, Nach dem Tode des Verfassers heraus gegeben
von Julius Ruska und Heinrich Wieleitner, Hannover, 1927.
Abu Rayhan Muhammad ibn Ahmad al-Biruni, Al
Quanunu-l-Masudi (Canon Masudiens), 1-3, Hyderabad, 1954-1956.
A signaler aussi une série d'études
d'Eilhard Wiedemann parues pour la plupart dans les Sitzungsberichte de
la Société d'Erlangen.
2.3.45 Al-Lit Abul Gud (début XIe)
Abu al-Gud Muhammad ibn al Lit
Ce contemporaire d'Al-Biruni s'occupa de questions
^mathématiques abordées par ce dernier et écrivit
un traité sur l'inscription de l'heptagone régulier dans
le cercle. Cf. Karl Schoy. Drei planimetrische Aufgaben des arabischen
Mathematikers Abul-Jud-ibn al Lith, Isis, VII, 1925, p.5.
Abul Gud est l'un des premiers à vouloir
tenter une résolution systématique de l'équation
générale du troisème degré par des
méthodes constructives, mais son oeuvre, citée par
al-Hayyam, ne nous est pas parvenue. .
2.3.46 Abd al-Baqi al Bagdadi Ý1100
Il vécut à Bagdad et commenta les
Eléments. Cf. :
cf. Suter [6] .Il traite des exemples tels que
2.3.47 Benarzaquil
Abu Ishac Ibrahim Ben yahya el Nacax el Cortobi
Azarquiel (Arzachel) fin XIe .
Il naquit à Cordoue et vécut à
Tolède et Séville. Astronome, il fit de nombreuses
observations, notamment pour déterminer l'apogée du
soleil ; il constitua aussi des tables astronomiques, créa et
construisit des appareils astronomiques très
appréciés. Averroes dans sa Métaphysique
d'Aristote tome IV, expose la théorie d'Arzachel sur les
étoiles fixes. On attribue à ce dernier l'idée du
mouvement elliptique des planètes (idée
prématurée...).
Les oeuvres d'Arzachel, traduites et
consultées par le Roi Alphonse, "Le Sage" sont notamment :
• Del Orizon universal
• Lamina Universal
• Livre sur la construction de l'astrolabe etc.
2.3.48 El Mutamin
Yusuf el Mutamin Benhoud
Roi de Saragosse, il règna de l081 à
1085. Mathématicien et astronome, il écrivit un
traité complémentaire aux Eléments.
2.3.49 Al Djajjani Al Gayyani fin XIe
Abu Abdallah Muhammad ibn Jusuf ibn Ahmad ibn Misadh
al Djajjani
Originaire de Seville, il florissait vers 1080. Il
écrivit un commentaire sur les proportions en partant des
definitions du cinquième livre des Eléments d'Euclide ;
ce commentaire est accessible. cf. Pooij.
2.3.50 Al Hayyam (1040-1131)
Abu al Fath Umar ibn Ibrahim al Hayyami Giyat
al-dîn.
Algébriste d'une valeur exceptionnelle, ne
à Nischapur dans le Horasan ; il vécut dans diverses
villes de l'Asie centrale et de l'Iran, à Samarcande notamment,
et à Isfahan. Poète egalement, il écrivit un
recueil de quatrains : "Ruba i yat" traduit et repandu dans le monde
entier.
Pour lui, l'algèbre est la théorie de
la résolution des égalités entre polynômes
entiers, l'inconnu étant nombre entier ou variable continue :
longueur, aire, volume, temps. Les résolutions
géométriques à l'aide de coniques sont de
règle. Dans son Algèhre, il classe les équations,
il construit géométriquement les solutions,et
détermine des bornes pour l'existence des racines positives. Les
équations sont écrites avec des coefficients positifs
arbitraires, exprimés en mots. ^1l obtient 25 formes canonlques
dont 14 se résolvent à l'aide de coniques
La méthode utilisée par Al Hayyam
devait être reprise, au XVIIe et XVIIIe siècles, par
Descartes notamment.
On lui doit par ailleurs des commentaires sur les
Eléments d'Euclide.
On peut consulter :
Salet, Woepcke [1], Kasir, Plooij, Mossaheb.
Discussion of Difficulties of Euclid by Omar
Khayyam, ed. by Erani, Téhéran 1936.
2.3.51 Al Andalusi (1067-1134)
Abusalt Omeya Benabdelaziz Benabisalt El-Andaluis El
Ixbili.
Il vécut en Egypte pendant quelques
années ; en prison, il écrivit un ouvrage d'astronomie.
Il vécut ensuite à Almahdia (Tripoli)
où il fut très bien reçu en raison de ses
capacités scientifiques.
Parmi ses oeuvres, on peut citer :
Un traité de géométrie, Haji
Khalfa "Lexicon bibliographicum et encyclopédicum Ed. Fluegel,
Leipzig, 1835-1858, 7 tomes.
2.3.52 Sahib el Xorta (1070-1136)
Abraham Abenhiya
Savasorda
Ce juif de Barcelone écrivit plusieurs
oeuvres de géométrie, d'astronomie et de musique. Dans un
traité de géométrie et de trigonométrie
conservé à la Bibliothèque nationale de Paris, il
étudie d'une manière très complète les
triangles sphériques.
Un livre astronomique important est traduit en latin
:
Sphaera mundi describens figurans terrae
dispositionem que orbium coelestium et motus stellarum, autore Rabi
Abraham hispano filio R. Haijae, Basilia 1546.
2.3.53 Gabri ibn Aflah
Abu Muhammad Gabir ibn Aflah (XIIe)
Geber
Il vécut à Séville au XIIe
siècle et contribua aux progrès de la
trigonométrie plane ou sphérique.
On lui doit une formule telle que
cos a = cos a sin B
dans le triangle rectangle sphérique.
(règle de Geber).
Gérard de Crémone traduisit certaines
de ses oeuvres :
Gebri filir Affla Hispalensis de astronomia libri IX
in quibus Ptolemaum alioqui doctissimum emendavit. Nurnberg 1534.
L'astronomie de Geber existe à la
Bibliothèque de Berlin (num.5653) et dans celle de l'Escorial,
ms 905 de Casiri. Elle est précédee d'un traité de
trigonométrie.
Sous le nom de Geber, on trouve un traité sur
les triangles sphériques en quatre livres, à la
Bibliothèque Nationale de Paris mss no 7397 et 7406. La
traduction s'intituler :Geber in Libro 30 figurarum.
Geber est l'un des plus importants parmi les
mathématiciens de l'Islam occidental.
2.3.54 A1 Hazini
Abul Fath Abdar Rahman al Hazini al Marwazi. (XIIe)
Ce disciple de al-Hayyam, grand physicien et
astronome d'origine grecque, élabora des tables astronomiques et
géographiques très complètes.
2.3.55 Al Hassar
Abu Zakariya Muhammad ibn Abdallah al Hassar (XIIe)
Ce savant de l'Islam occidental est connu comme
utilisateur d'un procédé de calcul de racine
carrée. Ce fut l'un des premiers à utiliser la barre de
fraction, pour séparer le numérateur et 1e
dénominateur.
H. Suter [2]. Das Rechenbuch des Abu Zakariya
el-Hassar, Bibliotheca mathematica, 2, 3. Folge, 1901.
2.3.56 Al Idrisi
Abu Abd Allah Muhammad ibn Muhammad ibn Abd Allah
ibn Idris.
Ce grand géographe étudia à
Cordoue et séjourna à Palerme. Il provoqua la renaissance
et le perfectionnement de la cartographie mathématique.
2.3.57 Al Bitrugi
Abu Ishâq al-Bitrûgi al-Isbili, Nur
al-din.
(Nureddin Abuishac el Petruchi el Ixbili).
Les latins le connurent sous le nom d'Alpetragius,
nous :Alpetragio
Il vivait à Séville, mais il
était originaire de Pedroche, ville proche de Cordoue. Mais il y
a quelques historiens qui disent qu'il était né à
Séville,ou au Maroc. Ce mathématicien appartient à
la seconde moitié du XII siècle.
On lui doit une théorie astronomique,
développée dans son Kitab al-hai'a, et faisant revivre,
sous une forme profondément modifiée la théorie
des sphères homocentriques d'Eudoxos. Ces conceptions eurent le
seul mérite de s'opposer nettement aux doctrines de
Ptolemée, contribuant ainsi à faire mettre en doute
celles-ci et à préparer un écroulement futur. Il
fut appelé ha mari's par les écrivains juifs,
c'est-à-dire celui qui fait vaciller, la doctrine des cieux.
Voici l'opinion de Menendez Pelayo (que je me suis
permis de traduire en français) sur son travail en Astronomie ;
"Le principal mérite d'Alpetragio (Abu Isaac
al Bitrogi)est de s'opposer nettement au systeme du monde de
Ptolemée, non pas seulement en quelques points particuliers
comme cela avait été fait par Arzaquel, sur ce qui
concerne le mouvement des étoiles fixes, et par Gaber de
Seville, sur ce qui concerne l'ordre des sphères du soleil, de
Venus et de Mercure, mais il attaquait le système dans ses
hypothèses les plus essentielles, telles que des epicycles, des
excentriques, et celle des deux mouvements opposés des
sphères... Dans ceci Alpetragio était l'écho des
idées cos- mologiques de nos philosophes Avempace, Thofail et
Averroes qui n'étaient pas toujours d'accord avec les
hypothèses de Ptolémée et avec les théories
d'Aristote sur le mouvement. Ainsi Alpetragio essaya de mettre en
accord l'Astronomie avec la Physique, en trouvant par la
méditation un nouveau système du monde selon lequel
toutes les sphères suivent le mouvement et l'impulsion de la
sphère supérieure et vide qui se trouve sur les
étoiles fixes. Toutes les sphères se déplacent
d'est au ouest mais plus loin elles sont de la sphère
supérieure, et plus leur mouvement est rapide, puisqu'elles
reçoivent avec moins d'intensité l'impulsion de la
sphère motrice...
Les différentes sphères ont leurs
pôles particuliers, avec déviation par rapport aux
pôles de la sphère supérieure ; chacune d'elles, en
suivant le mouvement diurne de la sphère supérieure, en
réalise un autre autour de son propre axe. De ces deux mouve-
ments résulte un mouvement en spirale qui produit la
déviation des astres vers le nord ou le midi;ainsi on s'explique
les inégalités qu'on aperçoit dans le mouvement
des astres, sans qu'on ait besoin des hypothèses des
excentriques et des épicycles.
Dans la bibliothèque de l'Escorial on trouve
un manuscrit (num.958) d'Alpetragio sur "la sphère
céleste". Il a écrit aussi un traité d'Optique et
de Perspective.
Son "Kitab al-hai'a" a été traduit en
latin par Michael Scott vers 1217 et en hébreu par Moses ibn
Tibbon vers 1259. Cette version hébraique fut traduite en latin
par Aalonymos b David vers 1528, sous le titre :
Alpetragii arabe planetarum theorica phisicis
rationibus probata nuperrime lattinis litteris mandata a Calo Calonymos
hebreo napolitano, Venezia 1531", dans un recueil comprenant la sphaera
de Sacrobosco, et des autres ouvrages de ce genre, il n'existe aucune
traduction moderne.
2.3.58 Ibn Ezra
Abraham ben Meyir ibn Ezra (1090 - 1167)
Ce juif de l'Islam occidental est l'auteur
présumé d'un texte sur la règle de fausse
position, traduit en latin. Ce texte pourrait aussi être attribue
à Abu Kamil,
Cf. : Liber augmenti et diminutionis... in :
G.Libri, Histoire des sciences mathématiques en Italie, vol. 1,
Paris 1838.
H. Suter [5], Uber die im "Liber augmenti et
diminutionis" vorkommenden Antoren, Bibliotheca Mathematica, 3. Folge,
3, 1902.
2.3.59 As Samawal Ý1175
As Samawal ben Yobyà ben Abbas al-Magribi
On trouve une autobiographie dans son livre Ifham al
Yahud
Moshe Perlmann : Proc. of the Amer. Acad for Jewish
Research, vol XXXII, N.Y, 1964.
Pour la partie scientifique, cf. : As Samawal : Al
Bahir. édité par R. Rashed et M.S. Ahamd,
Université 1972 ou 1973.
2.3.60 Mohammed ibn el-Hocein
Ce mathématicien, géométre
habile, florissait dans la dernière moitié du XIIe
siècle. Il a compose un traite sur le compas parfait, destine
à être déposé dans la bibliothèque du
célèbre sul- tan Saladin (Salah ed Din), et cela avec
l'aide de Monça ibn Younos ibn Mana.
Cf.: Woepcke[6]
2.3.61 Al Masudi (XIIe _ XIIIe)
Saraf ad din al Masudi
Ce mathématicien de Tus vécut à
la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle. Ce fut l'un
des maîtres de Nasir ad-Din at-Tusi.
D'après le texte de al-Kasi : La clé
de l'arithmétique, Al Masudi a écrit une oeuvre sur la
résolution de l'équation générale du
troisième degré.
2.3.62 Saraf al din Al Tusi
Sih Saraf al dîn al Muzaffar ibn Muhammad ibn
al Muzaffar al Tusi.
Il vécut au XIIe siècle, enseigna
à Damas, à Mossoul et à Bagdad. Il mourut
probablement en 1213.-
De son oeuvre on "connait" : Un discours de
l'astrolabe linéaire (ms. Leiden 591) un traité des
asymptotes (?) (cité par Brockelmann: Geschichte der Arab. lit.)
L'algèbre : Des équations manuscrit no
767, 3° de la Bibliothèque de l'India Office à
Londres. C'est une adaptation de l'oeuvre algébrique d'Al Tusi.
Cf. : Roshdi Rashed : Archive for history of exact sciences Vol. 12 no
3, pp 245 qui annonce une traduction et une étude
complète de cette oeuvre, ainsi qu'une traduction nouvelle d'Al
Hayyam. Algèbre géométrie et
géométrie algèbrique aux XIe et XIIe
siècles.
2.3.63 ) Ha Hazzan Isaac ha-Hazzan XIIIe
Ha Kohen Jehuda ben Moses ha-Kohen
Sous Alphonse X le Sage (1226-1284) roi de Castille
et de Leon furent traduits en langue espagnole divers textes arabes, et
il en résulta notamment Libros del saber astronomia, ainsi que
les Tables alphonsines relatives aux mouvements apparents du soleil, de
la lune et des planètes. Ces tables furent composées
à Tolède par ha Hazzan et ha-Kohen à partir des
tables déjà établies par Arzachel.
2.3.64 A1 Gulfari XIIIe
Masud ibn Muhammad al-Gulfari
Ce savant originaire de Gulfar près de Mary
nous a transmis un texte d'Abu Kamil sur la résolution des
équations linéaires indéterminées.
H. Suter [10], Das Buch der Seltenheiten der
Rechenkunst vos Abu Kamil et Misri, Bibliotheca mathematica, 3, Folge,
11, 1911.
2.3.65 Al Quifti 1172 - 1248
Maintes fois vizir à Halab, il fut un grand
bibliophile et zèlé protecteur des savants. On a de lui
par al-Zawzani ( 1250)
Tarih al-hukama (L'histoire des philosophes)
où se trouvent 414 biographies inégalement
développées. Julius Lippert, Berlin 1903, a publié
cet ouvrage : cf.
A.G. Kapp , Arabische Ubersetzen und Kommentatoren
Euclids, sowie deren mathem. naturwissensch. Werke auf Grund des Tarih
al-Hukama, Isis,XXII, 1934, p. 150-171, XXIII, 1935, p. 54-99, XXIV,
1936, p 34-79.
A1 Quifti rapporte qu'en 773 un Indien vint à
Bagdad, et y fit connaître les méthodes astronomiques de
son pays.
Fr. Woepcke, Sur le mot Kardaga et sur une
méthode indienne pour calculer le sinus, Nouvelles annales de
mathématique, 13, 1854.
2.3.66 At Tusi (1201-1274)
Abu Gafar Muhammad ibn Muhammad Nasir ad-Din at-Tusi.
Une forteresse à Alamut était le
centre de la puissance des. "Hasisiyun" (Assassins) dont le nom
dérive du hasis qu'ils employaient pour enivrer les membres
chargés de missions périlleuses. C'est là que At
Tusi, persan, originaire de Horasan, victime d'un rapt, fut
enfermé ; or dans cette forteresse se trouvait une très
grande bibliothèque, où il eut l'occasion de s'instruire,
au moins en partie. Il était par ailleurs éleve de
Al-Masudi. En 1256, le chef mongol Hulagu prit possession de la
forteresse et la plupart des livres furent transférés
à Maraya. At Tusi, grâce à son habilité
scientifique et à ses talents d'ast- rologue, entra au service
de Hulagu, et fut même wizir de 1256 à 1265. Il
réussit à obtenir de son maître
l'édification du célèbre observatoire de Maraya
qu'il dirigea jusqu'à sa mort, et où il constitua
une.grande bibliothèque (400'000 livres dit-on).
Dans cet observatoire travaillait une équipe
d'astronomes de valeur, même des chinois semble-t-il, à
l'aide des instruments les plus perfectionnés. Un globe
terrestre actuellement exposé à Dresde y fut construit.
Les très nombreux écrits de At Tusi
(54 titres) concernent surtout l'astronomie et les mathématiques
; ils sont écrits en arabe ou en persan.
En 1265 il rédige :
Gami al-hisab bi-t-tahtwa-t-tu rab
"Traité d'arithmétique à l'aide
de la planche à poussière" où il est traité
des entiers, des fractions ordinaires, des fractions
sexagésimales, et en outre par exemple de l'extraction des
racines, du binôme (a+b)n avec les valeurs des coefficients
jusqu'à n = 12, et la relation Cnm = Cn-1m-1 + Cnm-1
Ses études géométriques
présentent un grand intérêt. On lui doit un
commentaire sur l'oeuvre géométrique de banu Musa la
restitution d'un texte de Al Gauhari sur le cinquième postulat
d'Euclide.
Ses contributions aux progrès de la
trigonométrie sphérique sont importantes. Il
écrivit un traité sur le quadrilatère complet, et
un exposé systématique de la trigonométrie du
triangle sphérique.
On peut consulter
1) Euclidis Elementorum geometricorum libri tredecim
doctissimi Nassireddim Tusini nunc primum arabice Romae, 1594
2) Euclidis EIementorum libri tredecim studio
Nassiredini, Romae 1657
3) A.v. Braunmuhl, Nassir Eddin und Regiomontan Nova
d. Leopold Carol. dt. Akad. d. Naturforscher, 71,
Il existe des textes en russe, de divers auteurs.
(cf. Youshkewitsch, loc. cit.)
2.3.67 Mohammed ibn-i-Aschraf el Housseyni
Schams ed-Din Samarkandi
Ce contemporain de At Tusi, astronome et
mathématicien s'illustra en 1276 à Samarkande par son
ouvrage célèbre Asckâl-üt-teessis
:Théorèmes fondamentaux de la geométrie. Il
contient les commentaires et discussions des 35 postulats du livre
d'Euclide. Il existe à la Bibliothèque Ste Sophie
à Istanbul une copie de l'original; une traduction turque datant
de 1795 existe à la Bibliothèque centrale de
l'Université technique d'Istanbul,
Seul la "démonstration" du 5e postulat
d'Euclide a eté traduite dans une langue occidentale.
Hamid Dilgan. Demonstration du V postulat d'Euclide
par Schams ed-Din Samarkandi. .Revue d'histoire des sciences et de
leurs applications, Tome XIII, 1960, p. 191-196.
2.3.68 Ibn al Banna (1256-1321)
Abu al-Abbas Ahmad ibn Muhammad ibn Utmann al-Azdi
ibn al- Banna (fils de l'architecte)
Né à Marrakech, il écrivit une
grande quantité d'ouvrages très populaires. L'un des plus
répandus fut :
Tahis fi a mal al-Hisab (Résumé sur
les opérations arithmétiques). Il y traite notamment de
la double fausse position. Il se serait servi de signes
abréviateurs en algèbre.
D'autres écrits concernent la
géométrie, l'algèbre, son Kitab al-Manah est le
premier traité où se trouve employé dans son sens
moderne le terme d'Almanach.
M. Cantor. Vorlesungen uber Geschichte der
Mathematik. Bd.l,(p. 805).
2.3.69 Ibn Haldun (1332-1406)
Abu Zaid Abd ar-Rahman ibn Muhammad ibn Haldun
Cet historien tunisien occupa de hautes charges aux
cours de Fas, Grenade, Bougie, Tunis. Il vécut aussi en Egypte
et eut dit-on une entrevue avec Tamerlan devant Damas. .
Il affirme que Al Huwarizmi fut le premier à
traiter de l'algèbre ; en outre, c'est lui qui signale
l'existence d'un texte de Al Banna sur l'emploi des notations
algèbriques. -
Il écrivit : Kitab al ibar
(Le livre des exemples), qui contient une
philosophie élaborée de l'histoire des peuples musulmans.
Cf. : Duncan B. Macdonald : A selection from the Prolegomena of ibn
Khaldun, with notes, Leiden, 1905.
2.3.70 Ar Rumi (1357 1412)
Salah ad Din Musa ibn Muhammad Aadi-zada ar-Rumi
Ce savant d'origine turque est né à
Brussa, et dût s'enfuir de son pays natal. Il travailla à
l'observatoire de Samarcande sous Ulugbek et devient recteur de la
"madrasa" fondée par ce dernier.
2.3.71 Al Kasi (Ý 1429) (Al Kasani)
Gamsid Ghiyat ad-Din al-Kasi (secours de la foi)
Originaire de la ville iranienne de Kaschan, il
séjourna sous Ulugbek (1409-1449) dans le célèbre
observatoire de Samarcande, en compagnie de ar Rumi, al-Kusci et
d'autres.
Ses contributions sont remarquables et concernent
l'astronomie et les mathématiques.
(La clé de l'arithmétique) fut
terminée en 1427. Très magistralement
rédigée, ce manuel élémentaire visait un
large public. Par la richesse des matières, par la clarté
et l'élégance de la présentation, il constitue un
phenomène unique dans tout le moyen-âge, très
souvent copié et recopié. Il est divisé en cinq
parties :
1 sur l'arithmétique des entiers
2 sur l'arithémtique des fractions
3 sur les méthodes de calcul des
astronomés
4 sur la mesure des figures
5 sur la détermination des inconnues par
l'algèbre.
Al Kasi introduisit clairement les fractions
décimales. Il s'est occupe de la résolution des
équations du 3e et du 4e degré . Il connaissait la
méthode tian-yuan des Chinois ; il avait calculé pi avec
16 décimales. Toutes ses mesures des figures usuelles (les
polygones réguliers convexes, etc) sont effectuées avec
une très grande précision. Il donne les volumes des corps
ronds usuels, du cylindre oblique, du cône oblique, etc. Il donne
aussi les caractéristiques numériques des cinq
polyèdres réguliers convexes, et de formes
architecturales importantes.
Consulter :
E.S. Kennedy. The Planetary Equatorium of Jamshid
Ghi yath al Diyn al Kashi, Princeton 1960.
P. Luckey. Die Rechenkunst bei Gamsid b.Masudi al
kasi mit Ruck- blicken auf die altere Geschichte des Rechnens,
Wiesbaden, 1950.
P. Luckey. Der Lehrbrief uber den Kreisumfang von
Gamsid b.Masudi al-Kasi, Abhandl. d. Dt. Akad.d.Wiss. kl.f.Math., Jg
1950, Nr 6, 1953.
2.3.72 Ulugbek (1393-1449)
Descendant de Tamerlan, il devint prince du
Turkestan et de la Transoxiane. Il fit de Samarcande le centre de la
civilisation musulmane. Succédant à son père sur
le trône des timurides en 1447, il fut bient8t fait prisonnier
par son fils Abd-al-Latif et exécuté.
Ce prince fut aussi mathématicien, astronome,
bibliophile et historien. En 1428, il fit construire à
Samarcande un observa- toire qui passait pour l'une des merveilles du
monde. Il écrivit avec ses collaborateurs
Salah ad-Din . . ar Rumi, Ala ad-Din ... al Kusci,
Gamsid Ghiyat... al- Kasi un ouvrage devenu célèbre :
Zig-i gadid sultani (1437)
qui traite de la connaissance du temps du cours des
astres, de la position des étoiles fixes, et qui devint d'usage
courant dans les observatoires. Cet ouvrage contient des tables d'une
precision remarquable : avec cinq positions sexagesimales, il donne des
tables de sinus de minute en minute, des tables de tangentes de minute
en minute jusqu'à 45°, de 5' en 5' au-delà.
Cf. : 1) Abd-ul-Hak Adnan : La science chez les
turcs ottomans du commencement jusqu'à la fin du Moyen-âge
Archeion, XIX, 1937, p. 347-365.
Wilhelm Barthold : Ulug Beg und seine Zeit, Abh.f.
kunde des Morgenlandes Leipzig 1935.
2.3.73 Al Kusci Ý1475
Ala ad-Din Ali ibn Muhammad al Kusci.
Il succéda à ar Rumi à la
tête de 1'observatoire de Samarcande puis, à la mort de
Ulug Beg, se rendit en Azabaygan, d'où le souverain du pays
l'envoya comme ambassadeur à Constantinople. Mahomet II,
appréciant ses mérites, l'engagea comme professeur
à la madrase de Sainte Sophie.
Al Kusci répandit en Turquie l'emploi des
fractions décimales dues à Al Kasi.
Cf. : H. Hunger und K. Vogel: Ein byzantimisches
Rechenbuch des 15. Jahrhunderts. Text, Ubersetzung und Kommentar, Wien,
1963.
2.3.74 Al Qualasadi Ý 1486
Abul Hasan Ali ibn Muhammad al Qualasad'i.
Ce mathématicien vécut à
Grenade, et émigra à Tunis avant la chute de l'Islam en
Espagne (1492). Il mourut en 1486.
Son livre : Kasi al-mahgub min ibm al-gubar (Le
voile levé sur l'arithmétique) est assez conventionnel,
sauf que, d'une manière inattendue, il introduit des signes
abréviateurs.
Toutes sortes d'opérations sont ainsi
notées d'une manière très condensée,
l'égalité notamment.
Cf. : M. Cantor. Vorlesungen uber Gesch. des
Mathematik, Bd 1, 3e ëdition, Leipzig, 1907.
2.3.75 Chelebi Ý 1525
Mahmud ibn Muhammad Mariam chelebi
Il vécut dans diverses villes turques et
écrivit un commen- taires aux tables astronomiques d'Ulug beg.
Ce petit-fils de Ar-Rumi a encore décrit un
procédé de calcul de sin 1° dû à Al Kasi.
L A. Sédillot. De l'algèbre chez les
Arabes, Journal asiatique, 5 série, 2, 1953.
Bibliographie génerale
H. Suter Die Mathematiker und Astronomen der Araber
und ihre Werke, Leipzig 1900-1902 mit Erganzungen von M.P.J. Renaud,
Isis, 18, 1932.
H.J.J. Winter : Formative influences in Islamic
Sciences, Archives internationales d'histoire des sciences, 6, 1953.